4 septembre 2011 2 Commentaires

En finir avec la dépendance affective !

Je suis la créatrice du blog et je me permets de vous écrire comme je le fais à chacun, chacune laissant ici un message.
Voici par exemple le témoignage de Béa :

Je m’accroche aux autres, quitte à supporter l’insupportable, à me nier, par peur qu’ils me quittent… je les étouffe… et bien évidemment, l’histoire se répète, ils s’enfuient tôt ou tard… alors en bonne DA, je reporte ma dépendance sur quelqu’un d’autre… seulement depuis 3 ans je n’ai plus d’amoureux, et depuis quelques mois, plus d’amis…. ils sont tous, comme par hasard ?, sorti de ma vie… et c’est maintenant que je suis seule que je prends réellement conscience de la situation et de la souffrance d’être seule…
Je suis comme vous, je ne sais pas prendre soin de moi, en plus, j’ai peur de m’investir car pour moi, investir veut dire dépendre…
Je fais beaucoup de crises d’angoisses, j’ai l’impression d’être descendu dans les enfers…”
Effectivement, être dépendante affective est très douloureux, un peu comme une réaction  allergique à la relation à l’autre… le problème étant qu’on ne peut vivre sans relations…
Il s’agit en fait effectivement d’un long chemin, pas linéaire, pas sans souffrance, où l’on apprend à s’accepter et s’accueillir avec beaucoup de compassion et de tendresse tout au long de notre apprentissage d’une relation à l’autre plus douce, plus saine, moins violente.
En fait, il faut commencer à faire connaissance avec soi, ne plus penser à l’autre d’abord mais à soi et ne plus vivre les moments de solitude ou l’éloignement des autres comme la marque d’une valeur insuffisante de notre personne ou d’un abandon mais comme la preuve de la fidélité à nous-même et comme un apprentissage qui doit immanquablement passer par l’acceptation de notre solitude intrinsèque. Nous devons apprendre que la solitude n’est pas un cauchemar mais notre lot à tous et le seul moyen d’être libre. Sans solitude, aucune liberté, aucune individuation !Je pense que pour les autres, cette solitude n’est pas un problème, ils savent depuis longtemps, ils l’ont compris, qu’elle n’est pas éternelle, pas fatale, pas la négation de leurs choix mais une condition inhérente à l’être humain et ils apprécient à juste titre les moments de partage avec autrui sans être obsédés par ces moments ou anéantis par l’espacement ou l’absence de ceux-ci. Nous avons beau le “savoir”, notre corps ne le comprend pas ! Il ne parvient pas à garder son unité , il est morcellé alors que pour comprendre, il faut pouvoir faire sereinement les liens. Ce qui cloche, c’est que nous sommes des phobiques de la séparation. Il faut donc apprendre à sortir de cette phobie pour pouvoir enfin vivre !

Alors que nous sommes comme des nourrissons : incapables au départ d’ancrer dans notre corps la temporalité de l’absence : lorsqu’un autre s’éloigne, c’est nous que nous perdons de vue car l’angoisse est telle que nous restons bloqué sur cette déchirure, oubliant de continuer notre vie !!!
Le nourrisson ne sait pas que sa mère va revenir, il n’a plus de repères, il pleure ou crie pour exprimer son angoisse et si cela dure trop longtemps peut se murer, devenir apathique…
Nous ne savons pas que la séparation ne nous enlève pas l’amour que nous avons en nous ou ne nous coupe pas de nos repères, nous souffrons tellement que nous cherchons à nous recoller à l’autre ou nous nous coupons définitivement de nos sensations pour ne plus souffrir et éventuellement nous sabotons la relation : ne parvenant pas à endiguer la terreur panique, nous cherchons à éviter à tout prix que cela se reproduise !
Il faut donc apprendre à ne plus rester dans le vide, au-dessus du gouffre, en chute libre quasi permanente , face au vertige… il faut apprendre à continuer notre chemin en ajoutant une pierre après l’autre, en refaisant le chemin en sens inverse autant de fois que nécessaire pour bien se persuader que nous avons des repères solides maintenant, des ressources disponibles… il faut apprendre à canaliser l’angoisse et à continuer à vivre notre vie sans attendre les autres, et de ces tous petits pas microscopiques et lentissimes, tirer un espoir et un apaisement de plus en plus grand…

Il faut affronter cette phobie comme telle. ( Je reviendrai sur cette notion dans un article prochain).Se faire enfin confiance et écouter notre petite voix intérieure qui nous dit : “toi aussi, tu peux y arriver, écoute-moi bon sang !”Ne plus être ce nourrisson vulnérable et inconscient !!! Ne plus être terrorisé par la séparation. Reprendre possession de nos esprits.

Mais cela prendra  du temps ; ne se fait pas par magie ; ne permettra jamais que nous ne gardions pas une fragilité dont il faudra tenir compte. Toutefois, sortir de l’enfer est possible très vite. L’enfer étant l’incapacité à vivre un jour à la fois paisiblement. On devra commencer par se fixer un objectif à se mesure : quinze minutes ( oui, cela peut être déjà beaucoup lorsque l’on est en crise) , une heure, une demi-journée, une journée paisible à la fois …

S’ancrer, garder nos expériences passées précieusement et les enrichir, les consolider ; ne pas voir en l’autre un élément d’insécurité mais une personne avec laquelle nous pouvons échanger ; c’est tout ; remettre l’autre à sa place, le virer de notre salle des commandes et reprendre le pilotage de notre vie en étant celui ou celle qui choisit les destinations, les itinéraires, les modalités : oui et cela donne une si grande liberté, une renaissance … faire que l’autre ne soit plus notre nourriture principale mais se nourrir de nous : au début, on est fragile, hésitant, incapable de savoir ce que l’on est …Alors on apprend à faire connaissance et cela nous occupe. Et les autres pendant ces mois et ces années là ne sont plus au centre de notre construction. Du coup, les choses vont mieux. Les relations sont libérées de leur gravité, de leur enjeu de vie ou de mort. Elles ne sont là que pour nous enrichir ou pour nous permettre d’entrer en dialectique ; pour découvrir d’autres manières de vivre, pour échanger voire partager mais plus pour oxygéner ou faire vivre.La route est longue et l’enjeu bouleversant. Je vous souhaite, cher lecteur, chère lectrice, bon courage.

Je propose à ceux qui le souhaitent un coaching pour les accompagner sur ce chemin. Vous trouverez des renseignements sur la page suivante :http://dependanceaffective.unblog.fr/choisissez-un-coach-pour-vous-accompagner-vers-lautonomie-affective

Bonne route et à bientôt de lire de vos nouvelles,
Ysyade.

 

21 juillet 2018 0 Commentaire

L’arbre de vie ou la métaphore d’un coaching vers l’autonomie

Grand retour sur ce blog après quelques mois d’absence, grand cheminement…
Il me semble en effet que j’ai enfin réussi à trouver l’architecture globale de mon coaching : pouvoir être un arbre qui se dresse seul, digne, fièrement et dont les racines sont solides.
Cette métaphore me convient parfaitement.
Chacun d’entre nous doit pouvoir construire son arbre dont notre colonne vertébrale est le tronc.

Dans le cas de la dépendance affective, il est comme impossible de ne pas être à l’ombre d’un grand chêne ( on végète) ou de ne pas rester à l’état de « rejet »… C’est extrêmement douloureux.
Ce qui est encore plus douloureux, c’est d’accepter de devenir cet arbre : pour cela, un chemin solitaire est indispensable, incontournable.

Ce qui m’amuse souvent ici, c’est que les commentaires sont souvent postés – je ne les valide pas dans ce cas – par quelqu’un de la famille : la mère, le mari … qui reconnaît l’immaturité affective dans l’autre, dans son proche et qui l’accable, qui l’enferme. Car je crois, de plus en plus, qu’au départ, il y a toujours un parent qui lui aussi a un énorme problème avec le fait de voir son enfant s’autonomiser ( et cela se poursuit dans le couple).  Le lien devient alors pathologique et souvent, le dépendant affectif peut devenir dépressif voire plus. Il n’est pas anodin de se voir refuser l’autonomie et/ ou de se la refuser pour maintenir un semblant de chaleur humaine autour de soi…

Et oui… pour devenir ce bel arbre que vous êtes appelé à devenir – oui, on s’en sort !- il va falloir lâcher l’autre… pour un grand moment, et d’une certaine manière, pour toujours car les relations saines n’auront plus rien à voir avec les précédentes : il va falloir s’arracher littéralement du terreau déjà occupé par l’autre et se choisir un territoire pour plonger ses belles racines et épanouir ses branches.
Et quand la première nuit tombera, il y aura d’un côté l’angoisse absolue de l’obscurité, de l’absence de l’Autre mais il y aura aussi un ciel étoilé et quelques millimètres de racines nouvelles… et chaque nuit, le miracle se reproduira et continuera à embellir…

 

23 octobre 2015 0 Commentaire

Je deviens ma meilleure amie en étant responsable de mon bien-être

Il me semble chaque jour plus important de développer une relation avec soi équilibrée, respectueuse et aimante.
Lorsque cette relation existe, il devient impossible de se maltraiter ou de se laisser maltraiter.
Et, ce qui est encore plus puissant et merveilleux, c’est qu’il est alors possible de sortir de la peur de l’autre, de l’extrême vulnérabilité, de l’abus systématique : l’autre n’est plus le problème et du même coup, il cesse également d’être la solution !

Nous choisissons donc de développer les relations qui sont énergétiquement favorables à notre développement et à notre bien-être et le mot « amour » change de signification et de résonnement.

Nous comprenons que nous pouvons ressentir de l’attirance pour une personne ; il s’agit alors d’un désir physique. Nous comprenons que nous pouvons ressentir de l’attirance intellectuelle ; avoir des affinités avec quelqu’un ; mais cela ne suffit pas pour construire une relation de couple par exemple. Que l’amour est aussi un projet et une volonté de construire et de nourrir le meilleur entre deux personnes qui prennent soin d’elles chacune de leur côté et que cette relation, pour rester vivante et douce, doit faire l’objet d’une attention des deux partenaires.

Il nous est alors possible de distinguer nos envies, nos désirs, nos rêves, nos projections de la réalité et de ce que nous autorisons et accueillons dans notre vie.
Notre capacité à choisir est plus que jamais sollicitée et nous devenons notre propre sentinelle.

Ainsi, nous pouvons évoluer en nous appuyant sur des valeurs qui nous sont chères et nous pouvons échanger avec des personnes ayant ces mêmes valeurs. Ne voir l’échange avec un autre être humain que comme un enrichissement et une découverte et ne jamais laisser à l’autre les clés de notre paix intérieure.

Personne, même l’être le plus attentionné à notre égard, ne peut être à notre place. Chacun d’entre nous est unique et nous ne devons laisser personne nous habiter. Nous pouvons inviter d’autres êtres humains chez nous ; ce sont des moments d’échange extraordinaires entre deux humains qui, momentanément, posent leurs défenses d’un commun accord pour un temps de partage. Nous pouvons alors accepter la vulnérabilité car nous avons construit les conditions de cette vulnérabilité. En fait, il s’agit toujours d’une prise de risques. Mais, il serait absurde de prétendre que toutes les relations débouchent sur la même prise de risque.
Ce n’est pas parce que le risque zéro n’existe pas, que nous ne pouvons ou ne devons pas être avisé(e) dans nos échanges avec les autres.
Ainsi, il me semble dangereux de se positionner comme victime dans une relation .

Nous pouvons être victimes de faits mais nous ne sommes victimes d’une personne qu’en abandonnant notre responsabilité. Même au plus fort de la tempête et de l’horreur, nous pouvons choisir de rester maître de notre destin. Cela ne signifie pas la disparition des actes nocifs mais cela signifie que SI NOUS NE MAITRISONS JAMAIS LA VIE ET SES MANIFESTATIONS, NOUS POUVONS TOUJOURS CHOISIR d’AGIR et non de subir ou de réagir.

Malheureusement, ce qui complique les choses, et ce qui les facilite pour de nombreuses personnes ayant l’habitude d’exploiter les faiblesses des autres … c’est que BEAUCOUP d’entre nous sommes conditionné(e)s depuis l’enfance à CROIRE que nous n’avons pas le choix et à croire que nous sommes démunis, condamnés à subir toujours, à vivre dans un cercle vicieux, à serrer les dents etc.

OR c’est juste un conditionnement. Rien ni personne ne peut vous enlever votre liberté, rien ni personne ne peut définir votre valeur. Vous êtes une personne unique et merveilleuse ayant la même valeur aux yeux de l’univers que chaque être humain vivant ou ayant vécu sur cette Terre.

Cela ne signifie pas que nos comportements et nos actes ont tous la même valeur. Cela signifie que lorsque vous dialoguez avec une autre personne, l’échange n’a aucune validité et ne peut être que toxique et stérile lorsqu’il porte sur l’être de l’une ou de l’autre personne. Nous pouvons évaluer des actes mais non des êtres. Personne ne peut déterminer votre valeur.

Comment être sa meilleure amie, son ange gardien ? (le féminin ici n’est que commodité)

Il s’agit d’être centrée, de rester chez soi et de communiquer de manière non violente avec les autres tout en prenant soin de soi. Souvent, le concept de la non violence est mal compris. Il ne s’agit pas d’ouvrir grand les bras à ce qui ne nous convient pas sous prétexte de tolérance ! Il s’agit de prendre soin avant tout de ses besoins tout en prenant en compte ceux de l’autre.

1. Je prends avant tout soin de mes sentiments et de mes besoins

Par exemple, si une personne est tellement en colère qu’elle m’injurie ou devient menaçante, je dois me protéger. Ce n’est pas le moment de prendre soin de l’autre. En me protégeant et m’occupant de moi, j’aide indirectement l’autre. Je l’empêche de me blesser , je ne le laisse pas me VICTIMISER. J’adapte ma défense à l’étendue de l’attaque. Il est autorisé de neutraliser une personne qui met la vie d’autrui en danger et qui  n’en tient pas compte pour x raisons ( manque d’éducation, immaturité, rage, problèmes mentaux etc) Il est même autorisé de protéger la personne d’elle-même (vaste sujet)

Mais dans tous les cas, avant de prendre soin des besoins des autres, je dois avoir pris soin des miens car je suis responsable de moi ( et donner l’exemple est toujours plus constructif dans un modèle relationnel). Un sauveteur qui met sa vie en danger n’est pas un sauveteur à mes yeux. La difficulté des métiers d’aide à la personne vient du fait qu’il s’agit d’être capable de ne pas se laisser « happer » par l’irresponsabilité de l’autre personne ; de ne pas se perdre de vue dans la relation d’aide.
Soit on se blesse, soit on blesse l’autre, soit les deux sont blessés. Voire tués.
DONC toujours prendre soin de soi d’abord même dans l’éducation de ses enfants. Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est au contraire une preuve de grande maturité et de grande lucidité. Si je ne suis plus ok avec moi, je n’aide plus l’autre;

2. Puis je tiens compte des besoins de l’autre.

Lorsque j’ai pris soin de mes besoins, que je me suis protégée, que je suis ancrée et au clair, alors je peux interagir avec autrui. C’est d’abord à mes yeux l’apprentissage de la modestie ; mais aussi l’apprentissage d’une vie relationnelle saine ; lorsque nous interagissons avec l’autre, nous le faisons lorsque nous pouvons  être pleinement à l’écoute TOUT EN RESTANT AU CONTACT AVEC NOUS.

Cela explique la difficulté du métier de parent : lorsque votre nouveau-né ne fait pas ses nuits, le manque de sommeil peut nous rendre agressif, moins attentif ; or, le nouveau-né ne peut pas être négligé ou neutralisé ou accusé… il est donc de la responsabilité du parent de trouver des solutions. Et d’accepter ce qui ne peut être changé.  L’adulte qui nie les caractéristiques de l’enfance est dangereux et irresponsable. Demander à des adultes d’être des parents responsables est une des plus grandes responsabilités de la vie.

Pouvoir construire une vie de couple saine et qui dure est donc également très difficile : cela nécessite que les deux personnes – ou au moins une quoique je ne pense pas que cela soit viable longtemps si une seule des deux est responsable dans la relation- s’engagent à prendre soin d’elles-mêmes tout en tenant compte de l’autre. Cela signifie donc la capacité à accepter la gestion des conflits ; la capacité à accepter la différence ; la capacité à sortir des rapports de pouvoir pour entrer dans des rapports de coopération beaucoup plus enchanteurs et sources de vie ! Les rapports de pouvoir sclérosent la vie.

Pourquoi me direz-vous, tenir compte des besoins de l’autre et dans tous les cas  ?

Dans le cas où l’autre nie notre existence, il n’est de fait pas possible de tenir vraiment compte de ses besoins  car le plus souvent, nous sommes occupés à nous protéger. De fait, parfois nous ne pouvons que les reconnaître (exemple : « J’ai l’impression qu’il a besoin de te sentir respecté, qu’il se sent attaqué et cherche à se défendre » et le plus souvent, ce n’est pas le moment de verbaliser. L’autre est incapable de nous entendre. Donc, je me protège.

Mais, cela nous permet d’avoir de la compassion pour cette personne : nous réalisons que le monde est un lieu de terreur, où il s’agit d’attaquer pour survivre ; à mes yeux, aucune personne qui fait délibérément du mal aux autres ne le fait en étant en sécurité intérieurement. Je n’y crois pas. Cela ne me donne pas pour autant envie d’aller confronter un être totalement déséquilibré et qui ne peut absolument pas tenir compte de mes besoins. Mais dans certains cas, cela peut m’aider à désamorcer des situations.
Si je comprends que l’autre a des besoins, je peux alors aussi reconnaître ses besoins -cela ne veut pas dire y répondre- et décider ce qui est ok ou pas pour moi.
Cela est donc très utile pour se protéger également. Je peux comprendre qu’une personne qui se croit attaquée et qui ne sait pas verbaliser ses besoins va adopter des comportements violents et/ou inacceptables à mes yeux. Je ne l’accepte pas ni ne l’excuse pas mais la compréhension me permet d’évaluer le danger également.

Dans le cas où nous voulons entretenir une relation d’amitié ou d’amour, cela devient indispensable. Personne ne se sent aimé par une personne qui nie vos besoins. Montrer à l’autre que nous le reconnaissons en tant que personne unique avec des besoins légitimes est donc essentiel. C’est ce qui nous permet de développer des relations intimes et de les maintenir. Lorsque nous ne tenons pas compte des besoins des autres , la relation se dégrade ; elle ne peut pas franchir certains seuils.
Nous pouvons aussi tenir compte de cette capacité de l’autre à négocier et à coopérer, à communiquer en termes de besoins, à prendre la responsabilité de ses besoins pour  choisir le niveau d’intimité avec cette personne. Une relation évolue donc souvent.

Quoiqu’il en soit, je deviens ma meilleure amie lorsque j’apprends : 1) à prendre d’abord soin de mes besoins ; en assumant la responsabilité de mes sentiments et de mes besoins ET 2) lorsque je tiens compte des besoins de l’autre dans la construction de mes relations et dans cet ordre là !

 

 

21 septembre 2015 0 Commentaire

Checklist : Oui à la sérénité, Non à la dépendance affective

Lorsque nous sommes sur la voie de la « guérison », que nous devenons une personne centrée qui ne s’en remet plus à l’extérieur pour tenir debout, se définir, qui parvient à vivre sans que les autres soient la condition de son bonheur, sans que les autres lui donnent une raison de vivre, sans qu’une séparation ne la mette en danger de mort ou la mette face à un vide intérieur insoutenable, lorsque nous sommes sur la voie de la guérison, alors il est bon de se donner des repères pour vérifier que nous ne sommes pas en train de rechuter ou pour consolider nos acquis.
Pas de panique, la rechute est normale… et la perfection n’est pas notre but… mais voici ce qu’il convient de checker régulièrement :

  • Maintenir ses routines quotidiennes ( l’abandon des routines est toujours un signe de rechute chez moi…)
  • Se fixer et achever des buts à courts et à moyens termes ( voire à long terme pour les plus avancé(e)s)
  • Prendre soin de soi
  • Poser et tenir les limites fixées à ses enfants et à son entourage
  • S’organiser de manière raisonnable ( pas de perfectionnisme non plus)avatar
  • Prendre des décisions et être capable de résoudre des  problèmes simples du quotidien
  • Choisir ses comportements et non réagir et/ou subir
  • Se reposer suffisamment
  • Ne pas entretenir de ressentiment ( vivre ses émotions et prendre des décisions au calme, ne pas laisser couver la haine, ne pas l’entretenir)
  • Accepter la réalité ( sortir du déni propre à toutes les dépendances)
  • Ne pas contrôler les autres ni se laisser contrôler par les autres ( Lâcher prise et fin des positions de bourreau, sauveur, victime)
  • S’ouvrir aux critiques constructives et au feedback ( ne pas être « ruiné(e) » par les remarques des autres si elles sont fondées et utiles )
  • Se libérer de la critique excessive et systématique : de soi et des autres. STOP à la CRITIQUE. maladive.. c’est stérile, énergivore et toxique
  • Cultiver la gratitude et abandonner l’apitoiement et la sécheresse spirituelle
  • Se nourrir adéquatement ( je mange lorsque j’ai faim des aliments bons pour moi et appétissants)
  • Rester présent(e) : ne pas s’évader  ou fuir dans le travail, le sexe, le sport…
  • Devenir un adulte responsable : ni bourreau, ni victime 
  • Laisser à chacun ses responsabilités (lâcher prise et respect de l’autre)
  • Connaître et prendre soin de ses désirs et ses besoins
  • Se libérer de son image de victime
  • Se libérer de la peur, de l’anxiété et du stress ( méditation, respiration, affirmations et pensées négatives stoppées et remplacées par de la compassion pour soi)
  • Se libérer de la honte toxique 
  • Se libérer de l’obsession :lui,lui,lui, lui, lui … elle, elle, elle, elle… 
  • Se faire confiance et s’accorder de la valeur
  • Accorder sa confiance dans des relations qui le méritent ( faire preuve de bon sens et de prudence mais ne pas s’enfermer dans une citadelle imprenable )
  • Cultiver sa sérénité, développer tout ce qui concourt à notre bien-être et nous évite les rechutes dues au stress et à la fatigue
  • Nourrir des aspirations raisonnables en ce qui concerne nos relations : nous sommes tous imparfaits et humains ( Botter les fesses au mythe de la belle au bois dormant et à celui du prince charmant qui nous plongent dans des affres sans fin et nous éloignent de la réalité… et de la maturité … Se garder quelques moments de rêverie mais ne pas en abuser :) )
  • Communiquer de manière assertive et non violente 
  • Avoir une humeur égale , ne pas s’infliger des ascenseurs émotionnels ou des grand-huit ! Pour les émotions fortes, préférez les parcs d’attraction ou les thrillers.
  • Nourrir ses amitiés, en prendre soin (et pas seulement pour nous consoler de nos ratages sentimentaux )
  • Se sentir connecté(e) aux autres et au monde. Bienvenue citoyen et citoyenne du monde, tu n’es plus seul(e) !
  • Se préserver d’autres dépendances : à l’alcool, aux médicaments, au shopping, à la bouffe…
  • S’amuser, se détendre, se relaxer et cela au moins une fois par jour…
  • Penser à dire des choses gentilles : cadeau pour soi et les autres
  • Recevoir et accueillir le feedback positif et les sourire

Bonne journée ! Les groupes en 12 étapes disent : Une journée à la fois ( Vingt-quatre heures). C’est très puissant. Ils disent aussi :  » Fake it until you make it » Faire semblant jusqu’à ce que cela devienne vrai… Au début, lorsque l’on prend soin de soi, il est possible de ne pas pouvoir apprécier les bonnes choses, les bons soins que l’on s’accorde… Continuez quand même et très vite, vous n’aurez plus besoin de vous forcer à le faire…

24 juillet 2015 0 Commentaire

Règle de base n° 1 : je m’autorise à ressentir toutes mes émotions.

Sans me censurer !

Je reviens ici sur la première règle de base que je dois acquérir lorsque je cherche à résoudre mon immaturité affective ; c’est en effet à mes yeux à chacun d’entre nous de prendre soin de notre développement affectif une fois que nous sommes devenus adultes, quel que soit notre passé ou notre vécu antérieur ; nous avons du pouvoir sur notre vie et devenir acteur, actrice de celle-ci est notre plus belle contribution à la beauté de la Nature !

Cela peut paraître une évidence que les émotions sont faites pour être ressenties et sans doute pensez-vous même déjà les ressentir et ne pas bien comprendre où je veux en venir… qui plus est lorsque nous sommes dans la dépendance affective ou l’immaturité affective, nous souffrons en général beaucoup et connaissons une vie émotionnelle intense, bien souvent trop intense et épuisante à nos yeux, alors à priori plonger dans ces émotions, c’est non merci, sans façon… voire même sauve qui peut !

Là où réside au contraire la clé et le changement radical de perspective, c’est bien dans le « ressentir » et dans l’agir et non dans le réagir !

Que signifie ressentir pleinement toutes nos émotions ?

Il s’agit en tout premier lieu de rentrer au contact de soi et de vivre ces émotions : de les voir naître, de rester le plus possible au contact avec elle et de les voir ensuite s’estomper et nous quitter puis de découvrir une nouvelle émotion : le cycle des émotions est ainsi ressenti, identifié mais vous restez aux commandes de votre vie, vos émotions sont les étoiles sur votre ciel intérieur mais ne sont pas vous…

S’autoriser à les ressentir, apprendre à les nommer, à les reconnaître : c’est une aventure à part entière !

Mais comment ne pas se laisser terrasser par elles ? Comment ne pas réagir comme nous le faisions habituellement : par la fuite, le déni, le refoulement, le passage à l’acte, la dépression, la crise etc ?

Il s’agit de s’accorder du temps ( fondamental) et de créer ( par la visualisation par exemple) une bulle dans laquelle nous nous autorisons à entrer le temps de savoir SI CETTE EMOTION DEMANDE DE NOTRE PART UNE ACTION .
CHAQUE ÉMOTION NOUS PARLE DE NOUS ET NOUS APPORTE UNE RICHESSE INFINIE, COMME UNE NOUVELLE COULEUR SUR LA PALETTE DU PEINTRE !

Il est donc important de pouvoir les nommer ; de les laisser se développer en nous en gérant sa peur … et de sortir du cycle infernal de la réaction en chaîne, cycle dans lequel nous ne sommes pas aux commandes de notre vie et où tout semble nous échapper, nous déborder …

Par exemple, si je commence à me sentir légèrement incommodée, mal à l’aise dans une conversation ou simplement en la présence d’une autre personne, je peux respirer doucement et écouter ce qui se passe en moi ; dans un premier temps, il est extrêmement difficile d’apprendre à être au contact de nos émotions et de continuer à être disponible pour l’échange avec le monde extérieur – du moins de manière constructive et posée – je peux alors m’autoriser des PAUSES … Je peux m’autoriser à prendre de la distance ( intérieurement mais aussi parfois extérieurement) pour avoir le temps de vivre mes émotions… Ainsi, il m’est arrivé au début de mon aventure personnelle de quitter une pièce quelques instants ( en général plusieurs motifs courtois peuvent être donnés : aller se refaire une beauté, aller aux commodités, fumer une cigarette,  prendre un comprimé pour notre traitement contre les allergies saisonnières, répondre à maman qui  est souffrante etc) pour me donner du temps et savoir ce que je devais décider. En effet, si l’autre personne est LA PERSONNE qui est au COEUR de ma problématique de dépendance affective ou qui déclenche mes souffrances , je dois prendre tout le temps nécessaire pour sortir de l’émotion TSUNAMI qui est en fait UNE PERTE DE CONTROLE et pour apprendre à m’approprier mes émotions et à les APPRIVOISER !

Je peux ainsi décider que l’action la plus urgente est la PRISE DE DISTANCE et le TEMPS ; je peux ensuite tenir un journal de mes émotions et commencer ainsi à comprendre ce qui se joue là et aussi à ne pas tout étiqueter avec un seul nom : LA RAGE  et LE DESESPOIR et l’EUPHORIE étant souvent les étiquettes les plus fréquentes et qui viennent masquer toute la palette subtile  de notre vie émotionnelle … je peux ainsi découvrir que je ne supporte pas … les émotions des autres… parce que je ne connais pas les miennes et suis terrorrisé(e) par les miennes… Je peux aussi découvrir que chaque être humain est libre de ses émotions et que ce flux est incontrôlable… ce que je dois faire c’est reprendre le contact avec mon univers sensoriel et émotionnel et non plus tenter de tout contrôler pour éviter d’avoir à faire connaissance avec mes émotions.

J’apprends ainsi à découvrir et à gérer la colère…

J’apprends ainsi à regarder mes peurs en face…

J’apprends ainsi à laisser les autres avec leurs émotions …

Face à ces émotions, les miennes et celles des autres, j’apprends à agir et je sors de la réaction qui me prive de mon pouvoir.
Parfois, je découvre qu’il n’y a rien à faire, qu’une grande partie de la beauté et de la magie de la vie tient dans cette palette infinie et je suis cette palette de couleurs : être en vie, c’est regarder ce ciel étoilé intérieur et avoir le bonheur de le partager avec d’autres.

Bonne découverte.

Pour terminer, un conseil de lecture :

Une auteure magnifique, disparue trop tôt : Michelle Larivey . Son ouvrage « La puissance des émotions » aux Éditions de l’Homme (2002) Vous découvrirez ainsi que l’angoisse et la culpabilité ne sont pas des émotions mais « bien des effets de la répression émotionnelle » .

 

 

4 mai 2015 0 Commentaire

Psychologie de la solitude, G. Macqueron aux éditions Odile Jacob

Voici un ouvrage pour un questionnement salutaire et rédigé dans un langage clair, sans lexique obscur, qui permet une première approche de cette problématique intéressante.
En effet, la problématique de la solitude est au coeur de la Dépendance Affective. Il s’agit souvent de l’éviter à tout prix, quitte à poursuivre des relations toxiques ou à remplir son agenda en risquant le burn out…

Sans aller jusqu’à ces extrêmes caricaturaux, on ne peut faire l’économie de cette réflexion lorsque l’on souhaite quitter cet état de Dépendance…

Psychologie de la solitude, G. Macqueron aux éditions Odile Jacob dans Atelier de lecture 220px-Gnothi_Sauton_Reichert-Haus_in_Ludwigshafen

 

Le questionnement de l’auteur occupe les deux premières parties de l’ouvrage :

  • Comment se fait-il que nous associions le plus souvent la solitude à des mots négatifs alors qu’elle est indispensable à la réalisation du « connais-toi toi même «   socratique ?
  • Quelles sont les différentes formes de « solitude/souffrance »  ? Trois sont évoquées : la solitude du célibataire, la solitude du marginal ( malade, isolé géographiquement, socialement, sans emploi…) et la solitude affective ou solitude qualitative : se sentir seul bien qu’avec les autres…

Une conclusion s’impose : pour sortir de ce rapport douloureux à la solitude, il faut apprendre à en faire une expérience humaine et donc essentielle.

Nous voilà donc dans la troisième partie du livre qui propose dans les chapitres 8 à 16 une approche de cet enseignement avec des propositions d’exercices concrets.
L’auteur en effet propose une approche comportementale et sa bibliographie fait d’ailleurs aux ouvrages de Linehan fondamentaux dans cette approche. Cette auteure a principalement travaillé à mettre en place un protocole de soins pour les patients « limites » ou « borderlines »  et elle aborde notamment la question de la gestion des crises ; elle travaille auprès de patients suicidaires et a beaucoup réfléchi à la mise en place d’un protocole permettant d’apprendre au patient à sortir de ses schémas répétitifs destructeurs. Elle fait appel à des équipes pluridisciplinaires regroupant thérapeutes, coaches, psychiatres, éducateurs, services à la personne…

G. Macqueron lui aussi propose des conseils pour gérer les situations de crise dans un langage clair et en ne choisissant que quelques exemples mais en les décrivant efficacement.

Il s’agit donc d’apprendre à gérer ses émotions pour ne plus se mettre en danger ou saboter ses relations ou se plonger dans des grandes souffrances ou devenir incapable de gérer ses responsabilités sereinement…

Dans le cas de la DA, la solitude est le plus souvent fuie… certains en plein déni pourraient donc affirmer que la solitude n’est pas leur problème, qu’ils ont plein d’amis … mais à y regarder de plus près tout ceci cache fréquemment une intense solitude affective et un réseau social éphémère, changeant, une réelle difficulté à investir le durable et l’équilibré…

En réalité, la seule perspective de la solitude peut provoquer la panique.

Ce livre sera donc aidant pour enfin apprendre dans un premier temps à sortir des crises que ,malgré toutes ses précautions, le DA à l’ emploi du temps de ministre ne peut certains jours éviter  : face à cette abominable solitude ne serait-ce que lorsque la personne aimée lui fait faux bond ou n’a pas de temps pour lui… (le DA vit un vrai drame d’autant plus fort que l’autre l’accuse de dramatiser) puis dans un second temps à apprendre à construire des relations d’une plus grande qualité et enfin : ne plus se fuir et apprendre à aimer rester avec soi, seul(e) !

Ce livre peut donc nous servir de tremplin pour expérimenter la grande aventure de la conquête de soi, enfin oser en se sentant accompagné, la démarche comportementale étant fondamentale dans la guérison de la DA.

Le DA n’a donc pas à gérer une anxiété sociale à proprement parler (le livre aborde  cependant longuement cette problématique en cas de nécessité) mais par contre, il doit apprendre à  sortir des relations fondées sur le besoin ou le reparenting (désolée, j’adore ce mot et pour le dire plus clairement, de manière un peu expéditive, c’est quand on prend la personne aimée pour son soignant) , relations parfois uniquement fondées sur cette solitude fuie et la solitude affective est donc le lot commun du DA qui a beau vouloir nous faire croire qu’il n’a aucun problème à se faire des relations…

Les chapitres 8 et 9 intitulés respectivementRepérer les situations problèmes et Apprendre à s’organiser nous invitent à faire un bilan des situations dans lesquelles le sentiment de  solitude risque de déclencher une crise d’angoisse. Il propose ensuite de mettre en place une organisation de l’emploi du temps pour éviter de vivre ces moments de solitude problématiques.

Cependant, si l’avantage de ce livre est de proposer une démarche pratique pour échapper aux crises, il faudra ensuite petit à petit engager une démarche pour se familiariser avec la solitude et pour la dédramatiser. Le risque – bien mis en avant par l’auteur d’ailleurs- serait de se préparer un emploi du temps trop chargé et les DA connaissent cette fuite en avant et ce sentiment d’urgence.

Cependant, les exercices proposés sont utiles car l’auteur conscient de cette dérive possible a proposé des situations qui mettent déjà la personne au contact d’elle-même dans un cadre reposant tout en évitant un contact trop brutal avec la solitude ( aller au sauna, se faire masser, cueillir des fleurs, écouter de la musique sont des exercices qui permettent d’éviter une confrontation immédiate avec la solitude , l’exercice étant de plus limité en temps).

L’étape suivante consiste donc à apprendre à entrer en contact avec soi. Le chapitre 13 propose une démarche d’accession à la pleine conscience dérivée du concept de Mindfulness cher à l’approche bouddhiste et aux thérapeutes comme Linehan qui en fait un pilier de son traitement. Il s’agit d’apprendre à être complètement conscient du moment présent, à entrer en contact avec ses sens et ses sensations en laissant défiler ses pensées sans s’y arrêter. On aura reconnu une approche présente dans le yoga, la sophrologie, la méditation.   Tout ce qui permet d’améliorer l’ancrage dans le présent est utile.

Cependant, ce livre ne permettra pas d’en faire un apprentissage guidé, il faudra pour cela choisir une méthode qui nous convient et lire d’autres ouvrages sur le sujet. Les textes de Krishnamurti sur la solitude sont d’ailleurs une excellente entrée en matière !

L’ouvrage permet également d’aborder la création de relations durables et équilibrées (chapitre12) et de gérer ses débordements émotionnels (angoisse, panique) (chapitre 13).

Nous voilà au coeur de ce qui est si prégnant et difficile à changer chez le DA !

Surtout lorsque l’auteur nous demande de commencer par faire un bilan des qualités de nos relations… alors que nous sommes souvent conscients de la pauvreté relationnelle de la plupart de celles-ci mais que nous sommes effrayé(e)s à l’idée d’y mettre un terme même lorsque la personne a dépassé nos limites, a foulé nos valeurs aux pieds…

On peut toutefois commencer par apprendre à se familiariser avec les 5 étapes d’une relation et les franchir sereinement ou pas mais sans les brûler comme nous en sommes si coutumiers. Les voici :

  1. inconnu
  2. public
  3. personnel
  4. privé
  5. intime. (voir livre pour les détails pages 210/211) (voir pour la théorie : Altman et Taylor, 1973,théorie de la pénétration sociale)

Il faudra également garder à l’esprit les affirmations suivantes :

-Je poursuis la relation si elle est agréable uniquement.

- Je risque des demandes respectueuses en évitant la passivité plaintive.

- J’apprends à régler les conflits dans la mesure où leur coût reste gérable.

- Je fais le serment de m’éloigner des relations nocives.

L’autre devra donc cesser d’être cet objet consolateur, ce doudou consolateur contre lequel on se met parfois violemment en colère comme l’enfant contre son jouet.

Un chapitre est enfin consacré à la gestion des émotions et je vous renvoie ainsi à un autre article dans le prolongement de celui-ci qui s’intitulera « Baromètre et bibliographie de mes émotions »… (à venir)

Pour prolonger votre approche de ce sujet fondamental, je vous conseille :

 (la gestion des émotions dans plusieurs troubles suit une approche comportementale appropriée également dans le cadre de la DA):

  1. Retrouver son équilibre de Dominique Page,ISBN 978-2-7381-1833-2,
    octobre 2006, 150 x 195,
    224 pages. 
    http://www.odilejacob.fr/0207/2284/Borderline.html
  2. Les troubles bipolaires, chapitre 6 : la phase de thérapie comportementale et cognitive, Année : 03/2009 Nombre de pages : 244, ISBN 13 : 9782100519156,http://www.unitheque.com/medecine/Les_troubles_bipolaires-28720.html
  3. Manuel d’entraînement aux compétences pour traiter le trouble de la personnalité état limite,Editeur  Medecine & Hygiene (editions) ISBN : 2-88049-129-0 , Nb. de pages : 215 pages , octobre 2000http://www.decitre.fr/livres/Manuel-d-entrainement-aux-competences-pour-traiter-le-trouble-de-personnalite-etat-limite.aspx/9782880491291
  4. De l’amour et de la solitude, Jiddu Krishnamurti, Éditeur : LGF, Paris Collection : Le Livre de poche 30182 Spiritualités Description : 251 pages; (18 x 11 cm) EAN13 : 9782253109877http://www.mollat.com/livres/jiddu-krishnamurti-amour-solitude-9782253109877.html.
  5. Une chanson magnifique qui énonce le paradoxe de la solitude : « je ne suis jamais seul avec ma solitude » de Moustakihttp://www.dailymotion.com/video/x2rfse_moustaki-ma-solitude_music

Bonnes lectures et audition ! 

4 mai 2015 0 Commentaire

« Obsessive Love » de Susan Forward

J’adore lire des bouquins en anglais.

Il se trouve que c’est en me baladant depuis le début des années 2000 sur des sites américains et canadiens que j’ai découvert la majeure partie des auteurs qui m’ont accompagnée durant mon parcours pour identifier et combattre (le mot n’est pas trop fort) ma dépendance affective ( j’utilise ce mot pour son côté pratique)…
J’ai ainsi découvert  Robin Norwood ,Melody Beattie  et Susan Forward qui sont mes trois plus grandes alliées. D’autres ont suivi.
Lectures utiles (cliquez ici)

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de l’essai « Obsessive Love  » de Susan Forward et Craig Buck, sous-titré « When it hurts too much to let go ».

Dans cet ouvrage, c’est la troisième partie : « Freeing yourself from obsession » ( Se libérer de l’obsession) qui est celle qui m’intéresse aujourd’hui.

En effet, il est assez aisé de se rendre compte qu’une personne vous obsède et il est aussi aisé de se rendre compte que cela est , sans aller jusqu’à l’auto-destruction, chronophage et énergivore MAIS il est beaucoup plus complexe de trouver le moyen de faire cesser cette obsession et PIRE encore, il est très complexe de prendre la véritable mesure de celle-ci.

Grâce à cet ouvrage, vous pourrez ainsi découvrir que l’obsession comporte plusieurs branches et il s’agira donc de toutes les identifier et de couper tout l’arbre en s’attaquant au tronc et non à une des ramifications … dit autrement… l’arbre peut cacher la forêt ou quand on croyait une obsession éteinte … elle n’avait fait que muter !

En fait, Susan Forward parle bien du « Système obsessionnel » qu’il convient de démanteler…
Vous allez mener l’enquête comme s’il s’agissait de démanteler un réseau de trafic de drogue…
Il faut en effet identifier d’abord ce réseau :

  • c’est la première étape. ( les pensées créent des émotions qui créent des comportements qui créent encore plus de pensées qui font recommencer tout le cycle) Il faudra donc noter pendant au moins deux semaines tout ce qui selon vous comporte une part obsessionnelle …
  • Deuxième étape : s’attaquer d’abord aux comportements qui ont été repérés… et attention à bien repérer aussi les comportements liés à l’obsession (par exemple, je fais du shopping pour me changer les idées = un shopping obsessionnel ! ) Tous ces comportements devront faire l’objet d’un moratoire dans lequel vous vous engagez ( avec vous-même ! n’oubliez pas qu’ici le travail est fait d’abord pour soi !) à ne plus entrer dans ces comportements.

Et là, je vous entends :

Mais c’est pas possible ! C’est justement parce qu’il me fait craquer ou que je suis trop… que je fais cela !

Il s’agit donc ensuite de se rendre compte qu’agir ainsi est TOUJOURS un choix que vous faites et que ce choix est néfaste parce qu’il fait partie du cycle infernal de l’obsession.
Susan Forward nous conseille ainsi de considérer ces choix néfastes comme les comportements d’un enfant difficile qui fait des bêtises et de parler à cet enfant en lui disant qu’il n’aura plus le contrôle sur nous :

« Your behavior is like a difficult child- it needs to be warned that you will not tolerate any more disobedience, and it needs to be given firm limits ». (p.219)

[Votre comportement est comme un enfant difficile ; il a besoin d'être prévenu que vous ne tolèrerez plus aucune désobéissance et il a besoin d'être cadré ( de limites fermes) ]

Je vous conseille de travailler aussi avec la part de cet enfant qui est apeuré et d’asseoir tout ce petit monde en face de vous pour vous rendre compte qu’il s’agit de dépasser des comportements qui nuisent à l’adulte que vous êtes et qui doit apprendre à créer d’abord de la sérénité à l’intérieur de soi pour pouvoir seulement ensuite construire des relations paisibles. Il est possible d’apprendre à faire les deux à la fois ( par exemple, quand on est déjà parents, impossible de mettre la relation avec ses enfants sur pause… ) mais il faut impérativement s’autoriser à prendre le temps pour faire cet apprentissage et s’autoriser également pendant cette période à s’investir moins dans ses relations y compris famililales.

Pour réussir cette étape, Forward recommande  de plus de trouver « une ANCRE » et de s’appuyer sur des techniques qui ont fait leur preuve dans les groupes en 12 étapes ( comme les AA) : avoir à sa disposition une personne qu’on peut appeler en cas de « craquage » en vue et dont le rôle consiste surtout à nous écouter … Là encore, je pense qu’il est effectivement mieux d’avoir une telle personne disponible mais si cela vous semble insurmontable de demander une telle chose à un ami ou si l’ami vient à ne pas répondre ce jour-là, il est possible d’avoir recours à d’autres solutions :

- s’envoyer des mails ou des textos au lieu de les envoyer ou de les écrire à la personne qui monopolise notre attention (l’objet de l’obsession) ;

- déclencher sur une appli un chrono de cinq minutes : s’engager à ne pas passer à l’action pendant ces cinq minutes et pendant ce temps-là utiliser sa « TROUSSE DE SECOURS EMOTIONNELLE » (article à venir)

- appeler un numéro gratuit où l’on peut parler à une personne bénévole spécialement formée ( comme les bénévoles de SOS AMITIES)

Enfin, dernière technique et non des moindres : trouver plusieurs actions de SUBSTITUTION non dommageables… ( balade, chanson, douche, danse, film, dessin etc) et qui peuvent être mises en oeuvre dans des situations diverses ( pas seulement chez soi)

  • -Troisième étape : s’attaquer aux pensées obsessionnelles : WAOUH !

Effectivement, il s’agit d’un gros morceau. L’auteure conseille d’abord de ne pas chercher à les éliminer totalement mais à les canaliser en leur permettant de s’exprimer dans un temps donné ( on les limite : par exemple, aujourd’hui de 12 h à 12 h 30 je me consacre exclusivement à elles et donc je renvoie toutes mes pensées à ce moment de rdv) Puis, il s’agira, par la visualisation de les PULVERISER…

Pour conclure, on s’attaque donc d’abord aux comportements puis aux pensées. Et l’idéal est pendant tout le temps nécessaire ( commencer par un minimum de quinze jours puis compter un à plusieurs mois pour un résultat complet…) de se mettre en PAUSE RELATIONNELLE.  (autre article à venir)

La pause sera modulée en fonction de votre situation.

Conclusion :

Ceci n’est qu’un aperçu de ce livre important.
Il est complémentaire du livre « CES FEMMES QUI AIMENT TROP  » de Robin Norwood car il permet d’aborder plus aisément l’étape 5  des douze étapes proposées par Robin Norwood « Cesser de diriger et contrôler les autres »(et surtout la personne de notre obsession…) qui est véritablement le noyau de la dépendance affective.

Ce moment où ne plus pouvoir entrer en contact avec l’autre est comme être privé d’oxygène. C’est une addiction et une des plus terribles car tout le monde a le droit à l’amour et la dépendance affective nous prive de vivre des relations saines et donc de connaître l’amour.

L’obsession amoureuse et la dépendance affective ne sont pas de l’amour : ce sont des addictions !

Quand on arrête de fumer, de boire ou de jouer, on peut continuer à vivre… mais quand on arrête d’être dépendant affectif, on doit continuer tous les jours à entrer en relation avec des personnes… c’est pour cela que la dépendance affective est si terrible et si profondément ancrée en nous ; je pense d’ailleurs que les autres dépendances sont là pour cacher celle-ci. C’est la dépendance-racine : celle qui nous renvoie à notre position de nourrisson non sevré et à la terreur de l’abandon.

 

 

20 avril 2013 1 Commentaire

A propos de la co-dépendance.Et si on se réappropriait notre intérieur ?

Il est difficile de séparer dépendance affective et co-dépendance.

Pour y voir plus clair, la Dépendance Affective caractérise notre incapacité à vivre de manière autonome affectivement et la création de relations où le lien fonctionne de manière addictive…

Mais, paradoxalement, nous sommes souvent devenu(e)s des DA parce que nous avons eu des modèles parentaux qui n’ont pas pu nous fournir un cadre sécurisant nous permettant de construire notre sécurité intérieure et nous avons souvent dû prendre soin de nos parents étant enfants ou faire semblant de tout contrôler pour ne pas « mourir » face à ce manque de repères stables et rassurants. En bref, nous sommes aussi devenu(e)s des co-dépendants, c’est à dire des personnes s’occupant des autres incapables de se prendre en charge pour X raisons.

Il est donc impossible de sortir de notre souffrance de personne dépendante affective sans prendre conscience de cet état de fait : nous avons pris l’habitude pour ne pas mourir d’angoisse et de solitude de nous occuper des autres.
Les autres nous occupent !

J’aime utiliser en guise d’illustration  la métaphore suivante :

L’appartement ou la maison étant notre intérieur, pour en finir avec l’immaturité affective et la dépendance pathologique dans les relations, il nous faut d’abord « virer les squatteurs », tous ces autres qui nous occupent et nous empêchent de décorer et habiter notre intérieur… Le problème, c’est que l’angoisse surgit lorsque le vide se fait… tant et si bien, que souvent nous allons chercher de nouveaux squatteurs pour éviter d’avoir à gérer ce vide… Quelle ironie !

Je ne pense pas que nous fassions exprès de faire appel à ces « squatteurs »…

Je pense que trois raisons expliquent ce phénomène :

  1. Nous avons tellement pris l’habitude d’être « occupé(e) » par ces autres que nous ne parvenons pas à les empêcher d’entrer soit parce que nous ne nous rendons pas compte que nous laissons notre porte ouverte, nous sommes comme des somnambules … soit parce que nous ne savons pas comment les empêcher d’entrer…
  2. Nous avons toujours vécu avec cette occupation et nous ne savons pas quoi faire quand nous sommes seuls, nous ne savons pas quels sont nos goûts comme un propriétaire qui serait incapable d’aménager et de décorer son intérieur…Nous croyons que les goûts des autres sont les nôtres ou que nous sommes incapables de meubler ou décorer notre maison…
  3. Nous avons des crises d’angoisse terribles lorsque nous nous retrouvons seul(e) et face au vide, nous préférons immédiatement faire appel à l’extérieur pour calmer l’angoisse au lieu de commencer à nous occuper enfin de notre intérieur et d’expérimenter librement toutes sortes de décorations et aménagements…

Voici la démarche que nous pouvons suivre pour nous réapproprier notre intérieur :

  1. Sortir du déni . Observer toutes nos attitudes qui nous conduisent à l’obsession des autres ( = je suis occupé(e) par les autres et je m’oublie ou ne m’occupe pas de moi).  [Je vous propose un outil pour vous aider dans cette observation : Évaluer ma co-dépendance.   http://ysyadecoaching.unblog.fr/2013/04/20/evaluer-ma-codependance   ]
  2. Connaître ses limites . C’est un travail important ; il est nécessaire de faire le tour du propriétaire et de localiser les intrusions ; de pouvoir décider où, quand, comment quelqu’un pourra se rapprocher de nous ou pas. Il s’agit de créer un système de protection flexible pour éviter d’être retranché(e) dans une forteresse ou d’avoir un chez soi ouvert aux quatre vents ! Pour cela, il faut apprendre à reconnaître les « signaux d’alarme »‘. La colère en est un important.
  3. Expérimenter chaque jour ( = meubler et décorer). Il s’agit d’accepter la peur face au changement et de la gérer. Non pas de la nier ou de la laisser nous envahir mais de prévoir pour chaque journée , un programme de découverte. Pour éviter justement de laisser à nouveau toute la place aux obsessions. Les premiers jours sont les plus difficiles. Mais ensuite, les sensations de plaisir augmentant, nous ne retombons pas dans cette co-dépendance mortifère. Nous sommes trop occupé(e)s à dévorer la VIE, enfin disponibles pour NOUS ! Pour savoir comment nous allons meubler et décorer, il faut faire des essais. Pour cela, chaque jour, je dois me préparer des activités qui vont renforcer ma confiance en moi et me permettre de me découvrir. C’est un peu le principe du jeu de l’enfant. Par exemple, je peux m’accorder une vingtaine de minutes pour écouter des musiques et choisir celle que je préfère. Noter mes expériences sur un cahier. Le lendemain, je vais respirer des parfums  et noter ceux qui me plaisent ; puis, je peux essayer de marcher quinze minutes dans mon quartier ; ou de m’inscrire à une conférence… Il s’agit également de faire les choses que l’on aurait dû faire depuis longtemps mais que la crainte de ne pas y arriver nous empêchait de commencer… Si la peur est là, il est utile de commencer par des toutes petites choses, sur des durées brèves. Ce qui est génial, c’est qu’il n’y a pas d’échec possible : il s’agit d’observer ce que nous ressentons et de pouvoir faire le tri entre ce qui nous convient et ne nous convient pas. Et d’accepter éventuellement qu’il faille moduler et faire des adaptations pour améliorer notre satisfaction ; que « je ne sais pas » est aussi une réponse possible. Pas de pression, la liberté des sensations ! C’est ces expériences que l’enfance permet et qu’il nous faut retenter à l’âge adulte.
  •  Je suis persuadée qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre à se connaître et à réaliser ses objectifs !

Ainsi, il est possible de vivre une vie de bonheur, où les autres ne sont plus des « squatteurs » et où nous nous sentons bien, libres et heureux chez nous ; si des invités viennent nous rejoindre, c’est génial mais nous ne sommes plus obligés de nous occuper d’eux pour échapper à notre vide intérieur .

 

20 avril 2013 0 Commentaire

Evaluer ma codépendance.

Evaluation de ma codépendance.

CLIQUEZ SUR LE LIEN CI-DESSUS pour obtenir le fichier Word enregistrable et imprimable (avec tableaux mis en page !)

Comment utiliser ces tableaux ?

1.       Prendre le temps de s’évaluer une première fois.

2.       Choisir de travailler d’abord sur les comportements évalués comme fréquents puis ceux notés comme occasionnels.

  •   Il peut être ainsi utile de noter des exemples dans un cahier et de vous observer pendant une semaine pour modifier ce comportement par une attitude plus saine.

 

  •  Exemple d’analyse : « Je me sens fréquemment obligée d’aider les autres.(comportement problématique) Par exemple, si je vois quelqu’un chercher en vain quelque chose dans un rayon du supermarché, je vais lui proposer mon aide sans qu’il ne me la demande.  (exemple de situation) Il m’est ainsi arrivée d’agacer certaines personnes qui m’ont ressentie comme intrusive. (conséquence négative)  Dorénavant, je n’interviendrai dans cette situation que si l’on me sollicite. (proposition d’attitude plus saine)»

3.       Pour les comportements notés par je ne sais pas, il est possible de se donner là aussi du temps pour s’observer et vérifier leur présence au quotidien.

4.       Il est possible de se construire ainsi un programme sur plusieurs semaines et de se réévaluer à quelques mois d’intervalle pour noter ses progrès !

[ J’ai construit ces tableaux en me basant sur les critères listés par Melody Beattie dans  Codependent no More au chapitre quatre et en les adaptant à mon analyse personnelle. Ce n’est donc pas une traduction littérale. Une traduction est  disponible dans la collection Pocket : Vaincre la Codépendance. Ce livre est un classique que je vous conseille.]

  1. A.     Du sauveur à la victime (en passant par le bourreau) !(voir le triangle de Karpman).
Comportement Inexistant Rare Occasionnel Fréquent Je ne sais pas
Je me pense et me sens responsable des autres.          
Je me sens  anxieuse et coupable lorsque les autres ont un problème.          
Je me sens obligée de les aider.          
Je ressens de la colère lorsque l’on refuse mon aide.          
J’anticipe les besoins des autres.          
Je me demande pourquoi les autres  se négligent.          
Je dis oui quand je pense non.          
J’en fais plus que ma part.          
Je fais plaisir aux autres au lieu de me faire plaisir.          
Je ne sais pas ce dont j’ai besoin/ Mes besoins ne sont pas importants.          
Je prends facilement la défense de ceux qui sont victimes d’injustice.          
Je préfère donner que recevoir.          
Je suis souvent triste car personne ne me rend la pareille…          
J’attire et suis attirée par  les gens en grande demande.          
Je me sens inutile  ou désœuvrée si je n’ai pas une crise à résoudre.          
J’abandonne mon agenda pour venir au secours des autres.          
Je me sens en permanence sous pression, en état d’urgence.          
Je rends les personnes que j’aide responsables de mes émotions négatives.          
Je me sens exploitée, victime !          
J’attire la colère de ceux que j’assiste.          
Je finis par être complètement dépassée.          

 

  1. B.      Manque de confiance en soi.

 

Comportement Inexistant Rare Occasionnel Fréquent Je ne sais pas.
Je viens d’une famille dysfonctionnelle.          
Je n’admets pas que ma famille soit dysfonctionnelle (déni).          
Je me blâme pour tout.          
Je me remets sans cesse en question.          
Je rejette les compliments.          
Je déprime sans compliments.          
Je pense que je ne suis pas à la hauteur.          
Je me sens coupable quand je m’achète quelque chose ou m’amuse.          
Je crains d’être rejetée.          
Je prends tout personnellement.          
J’ai été victime d’abus dans mon enfance.          
Je me vois comme une victime.          
J’ai peur de me tromper.          
J’ai du mal à prendre des décisions.          
Je suis perfectionniste.          
Je me sens souvent coupable.          
Je m’adresse de nombreux impératifs.          
Je trouve que ma vie ne vaut pas la peine d’être vécue.          
Je préfère aider les autres à vivre la leur.          
Je me sens mieux momentanément  quand j’ai aidé quelqu’un.          
Ma valeur est remise en cause par les échecs des autres.          
J’aimerais qu’il m’arrive enfin de bonnes choses.          
Je ne crois pas mériter ces bonnes choses.          
Je cherche à prouver que j’ai de la valeur.          
Je fais en sorte que l’on ait besoin de moi.          
J’aimerais être enfin appréciée et aimée.          
Je ne crois pas être aimable.          

 

  1. C.      L’autre, mon obsession.

 

Comportement Inexistant Rare Occasionnel Fréquent Je ne sais pas.
Je suis anxieuse.          
Je parle beaucoup des autres et de leurs soucis.          
Je perds le sommeil à cause des problèmes et comportements des autres.          
Je cherche à confondre les autres.          
Je focalise toute mon énergie sur les autres.          
Je me demande toujours pourquoi je suis épuisée.          
Je me demande pourquoi j’ai du mal à mener à bien mes tâches personnelles.          
Je ne parviens pas à cesser de me tourmenter au sujet des autres.          
Je ne trouve jamais durablement   la tranquillité d’esprit.          

 

  1. D.     Une personne contrôlante.

 

Comportement Inexistant Rare Occasionnel Fréquent Je ne sais pas.
J’ai souvent vécu avec des personnes qui perdaient le contrôle d’elles-mêmes.           
J’ai peur de laisser les autres être eux-mêmes.          
J’ai peur de laisser les choses se passer naturellement.          
J’ai peur de perdre le contrôle de ma vie.          
Je pense que je sais  comment devrait se comporter les autres.          
Je contrôle les autres en ayant recours à la culpabilisation, la menace, la séduction etc.          
Je suis frustrée et en colère à cause du comportement des autres.          
Je me sens à mon tour contrôlée.          

 

E.      Le déni, cet oubli de moi !

 

Comportement Inexistant Rare Occasionnel Fréquent Je ne sais pas
J’ignore mes problèmes.          
Je minimise les circonstances.          
Je m’en remets à des lendemains meilleurs.          
Je m’abrutis de travail pour ne pas penser.          
Je deviens malade.          
Je prends des tranquillisants.          
Je dépense mon argent compulsivement          
Je mange trop ou pas assez.          
Je nie mes addictions/ mes comportements de fuite.          
J’assiste passivement à la dégradation de ma situation.          
Je crois les mensonges et les fausses promesses.          
Je me mens à moi-même.          
Je me demande pourquoi j’ai l’impression de devenir folle.          

F.       Dépendance relationnelle.

 

Comportement Inexistant Rare Occasionnel Fréquent Je ne sais pas.
Je cherche le bonheur à l’extérieur de moi.          
Je m’accroche aux personnes qui peuvent selon moi me rendre heureuse.          
Je me sens en danger  en cas de perte, de rupture.          
Je ne me suis pas sentie aimée par mes parents.          
Je ne m’aime pas.          
Je cherche désespérément approbation et amour.          
Je cherche souvent l’amour auprès d’une personne indisponible.          
Je crois que les autres ne sont pas là pour moi.          
J’associe l’amour et la douleur.          
J’ai besoin des autres.          
Je ne prends pas le temps de connaître les autres et voir s’ils me conviennent.          
Les relations sont ma principale source de bonheur.          
Je tolère des abus de la part des gens que j’aime pour ne pas les perdre.          
Je reste dans des relations qui ne me satisfont pas.          
Je ne crois pas être capable de prendre soin de moi.          
Je perds tout intérêt pour ma vie perso quand j’aime.          
Les autres sont au cœur de ma vie.          
Je ne sais pas vraiment si j’aime ou pas les gens qui partagent ma vie.          
J’enchaîne les relations qui ne marchent pas.          

 

 

G.     Difficultés de communication.

 

Comportement Inexistant Rare Occasionnel Fréquent Je ne sais pas.
Je blâme          
Je  menace.          
Je supplie.          
Je séduis.          
Je conseille.          
Je ne dis pas ce que je pense.          
Je ne pense pas ce que je dis.          
Je ne me prends pas au sérieux.          
Je me prends trop au sérieux.          
Je fais des demandes indirectes, sous-entendues.          
Je choisis mes mots.          
Je dis ce qui fera plaisir.          
J’élimine NON de mon vocabulaire.          
Je parle trop.          
Je parle des absents.          
Je ne suis pas authentique.          
Je me présente comme responsable de tout ou comme totalement irresponsable.          
Je ne dévoile mon opinion qu’après avoir entendu celle des autres.          
Je mens pour me protéger.          
Je mens pour protéger ceux que j’aime.          
J’ai du mal à affirmer mes droits.          
J’ai du mal à exprimer mes émotions honnêtement et ouvertement.          
Je n’accorde pas d’importance à ce que je dis ou à mes opinions.          
Je suis cynique.          
Je me dévalorise en public.          
Je suis agressive.          
Je m’excuse de déranger les autres.          

 

 

H.     Limites interpersonnelles défaillantes.

Comportement Inexistant Rare Occasionnel Fréquent Je ne sais pas .
J’affirme ne pas tolérer certains comportements.          
J’augmente ma tolérance à ces comportements indésirables.          
Je tolère des comportements indésirables.          
Je laisse les autres me blesser.          
Je me demande pourquoi ils me blessent de cette manière.          
Je tente de contrôler les autres/ la situation tout en supportant l’insupportable.          
Je suis tout le temps en colère.          
Je deviens intolérant à tout.          
Je ne me fais pas confiance.          
Je ne fais pas confiance aux autres. (je construis des murs pour me protéger)          
J’essaye de faire confiance à des personnes ne le méritant pas.          
Je ne fais pas confiance à mes émotions et à mes décisions.          

 

I.        Problèmes sexuels.

 

Comportement Inexistant Rare Occasionnel Fréquent Je ne sais pas.
J’ai des relations sexuelles alors que je n’en ai pas envie.          
J’ai des relations sexuelles alors que je voulais simplement me sentir aimée, embrassée, nourrie affectivement.          
Je cherche à avoir une relation sexuelle alors que je suis en colère ou blessée.          
Je refuse de jouir parce que je suis en colère contre mon partenaire.          
J’ai peur de perdre le contrôle.          
J’ai du mal à dire ce que j’aime « au lit » à mon partenaire.          
Je bloque mes émotions.          
J’éprouve de la répulsion sexuelle à l’égard de mon partenaire.          
Je n’en parle pas à mon partenaire.          
Je me force quoi qu’il arrive.          
Je me demande pourquoi je n’éprouve pas de plaisir.          
Je perds tout intérêt pour le sexe.          
Je trouve des raisons à mon abstinence.          
J’entretiens des fantasmes sexuels à propos d’autres personnes que mon partenaire.          
Je recherche ou entretiens des relations en dehors de mon couple.          
16 mars 2013 2 Commentaires

De la dépendance subie à la dépendance choisie : le paradoxe de la DA.

Passer d’une dépendance subie à une dépendance choisie ou le paradoxe de la dépendance affective.

« En fait, il serait inutile de chercher à devenir autonome devant des personnes qui nous indiffèrent. Avec elles, notre liberté est déjà acquise ! C’est avec les personnes qui nous importent le plus qu’il est utile de gagner notre autonomie. Et si nous parvenions à devenir indifférent envers elles, le problème serait simplement déplacé. Il faudrait alors trouver quelqu’un d’autre pour nous fournir l’occasion de faire cette conquête. Or, comme les besoins de dépendance sont présents tout au long de la vie, nous ne pouvons les sacrifier à la recherche d’autonomie. Nous aurons toujours besoin d’être aimé. Le besoin d’être reconnu comme une personne valable, d’être considéré dans ce que nous faisons, et perçu comme une personne attirante ne disparaît jamais. Ce que nous devons acquérir grâce à notre évolution, c’est le courage de refuser de nous renier pour obtenir la nourriture affective dont nous avons besoin. »  LARIVEY M., Le défi des relations, Québec, Les éditions de l’Homme, 2004, p.153.

Bien souvent, lorsque nous prenons conscience de notre problème de dépendance affective, nous venons de passer des mois, voire des années à souffrir les pires douleurs émotionnelles dans nos relations intimes.

Et lorsque nous découvrons que cela se nomme « la dépendance affective », la tentation est grande de confondre autonomie et indépendance.

De dire leurs quatre vérités à tous ceux qui nous ont fait souffrir, de tous les maudire, de les prier de désormais nous aimer parfaitement et sans déroger à nos convenances ou c’est la porte… De se réunir avec des copines ou des copains et de dire : « plus jamais cela », de rire bruyamment, soulagée de ne plus jamais avoir à supporter la soupe émotionnelle dans laquelle nous nagions. Euphorie. Enfin la liberté ! Vive moi !

Et qu’il est pratique de faire ainsi le ménage dans ses relations en commençant par virer tous les méchants…

Et de tout recommencer à zéro sans, cette fois-ci, nous exposer à la souffrance et donc sans nous compromettre dans nos relations, en restant à bonne distance des autres, en gardant l’œil rivé sur l’aiguille de notre compteur émotionnel : plus question de passer dans le rouge !

 

On y arrive très bien. C’est d’ailleurs reposant – un peu inquiétant parfois lorsque l’on se lance- et même contagieux. Qu’il est pratique de tirer sur tout ce qui bouge, de garder la maîtrise de nos vies, de simplifier nos relations selon la mode du « désencombrement » : je garde ce qui est utile et beau ; je vire ceux qui me déplaisent ou ne m’ont pas été utiles dans les six derniers mois et enfin, je mets de côté ceux pour lesquels je reste dans l’indécision.

Le paradis. L’impression de surfer sur une vague énorme avec facilité.
Mais, ironiquement, tout cela n’est bien sûr, vous l’avez deviné, qu’un autre visage de la dépendance : l’autre rive, celle de Madame ou Monsieur Indépendant, un rivage glacé et désertique ou rien d’autre que l’herbe de Suffisance ne pousse…

Les mois passent. Vous vous retrouvez à avoir froid. Un froid que rien ne fait disparaître. Pas la moindre couverture. Pas la moindre fête. Pas la moindre nourriture de vos placards. Vous êtes devenu une sorte de bout de bois.

Vos parents toxiques n’appellent enfin plus pour vous nuire. Votre frère ingrat a cessé définitivement de vous faire croire qu’il vous aimait mais n’avait que peu de temps pour vous le prouver, vous faites chambre à part avec votre compagnon et avez maintenu à bonne distance les quelques amies qui s’avéraient être d’horribles manipulatrices…

-Eh bien quoi, que se passe-t-il ? demandez-vous à votre technicien émotionnel.

- Vous avez juste déplacé le problème, Madame, la dépendance affective a muté ; elle est devenue une indifférence  affective .

- Une indifférence affective !

- Oui, vous avez fait d’importants travaux d’isolation dans votre cœur ; maintenant, vous supportez sans problème les variations climatiques émotionnelles de votre environnement mais plus rien ne pouvant vous atteindre, vous manquez de combustible. Petit à petit, le froid arrive et la paralysie gagne.

- Mon Dieu, c’est monstrueux, que dois-je faire, pouvez-vous m’aider à réparer cela ?

- J’ai bien une solution, mais il va falloir opérer et c’est très douloureux !

-Ah, non ! Ce n’est pas vrai ! J’ai déjà assez souffert comme cela !  Vous vous foutez de moi ?!

- Pas du tout. L’opération est maintenant incontournable.

- Expliquez-moi cela. Je suis prête à entendre même si je suis complètement découragée de réaliser que je ne suis pas encore guérie.

- Voilà. Il faut que nous modifiions votre système de chauffage affectif. Vous devez pouvoir maintenir l’échange avec vos combustibles préférés mais vous devez pouvoir en régler l’intensité, la fréquence, bref, il vous faut une tuyauterie qui permette la modulation. De plus, nous devons mettre en place un système de contrôle très précis et discret, une sorte de caméra de surveillance miniature reliée à un système de vigilance configuré avec des paramètres que vous pouvez réviser régulièrement et permettant de déclencher une alarme pour bloquer toute intrusion affective de combustible non compatible avec votre système de chauffage et…

- Stop ! C’est du jargon de technicien. Et cela a l’air redoutablement douloureux, vous parlez quand même de changer ma tuyauterie ! Je ne peux pas tout simplement choisir un combustible entièrement compatible avec moi.

- Ah ah ah ! Dans quel monde vivez-vous ? Si vous n’avez pas de système de régulation, tout combustible aussi magnifique et grisant qu’il soit les premiers jours finira par encrasser vos tuyaux …

- Bon, et alors, je ferai appel à vous régulièrement pour un grand nettoyage !

- Mais malheureusement, en rejetant la crasse accumulée vous développerez une intolérance de plus en plus grande à ce combustible et devrez rapidement en changer…Et cela ne vous évitera pas l’opération de modification de votre isolation. Plus rien ne passe dans vos tuyaux, il faut refaire un passage et la réouverture va  forcément être douloureuse !

Vous savez maintenant. L’indifférence affective. Une autre forme de douleur. Froide. Et conduisant elle aussi à la mort. Par congélation ! Que faire ? Ouvrir un petit peu le passage, tout doucement. Changer de relation dès que l’intolérance se présente ; errer entre les Terres Brûlantes de la Dépendance et  les Contrées Glaciales de l’Indifférence.

Vous vous retrouvez alors sur les Champs de Tiédasse. Votre vie n’est plus en danger mais elle est morne. Comment supporter cela, vous qui avez toujours connu l’extrême ?

Le technicien a raison. Il faut changer complètement d’approche relationnelle. Tant que votre système n’est pas modulable, souple et réactif, vous vous trouverez enfermé dans des impasses où vous subirez vos relations et ne pourrez les développer harmonieusement.

Cette nouvelle approche ne peut faire l’économie de la souffrance. La vie comporte des souffrances. Accepter et choisir cette souffrance permet d’accéder à l’estime de soi et à l’amour de soi. Et donc à des relations satisfaisantes.

Cette nouvelle approche consiste à ne plus nier que vous avez des besoins affectifs , que vous avez besoin de vous nourrir affectivement mais en même temps, vous devez toujours choisir de ne plus jamais vous abandonner et vous manquer de respect pour obtenir cette nourriture ! Ce qui signifie réguler ! C’est acquérir la capacité de choisir votre nourriture et d’en moduler l’accès à votre intimité. Elle ne peut plus vous détruire comme lorsque vous souffriez de Dépendance mais elle peut encore vous nourrir ce qui n’était plus le cas lorsque vous souffriez d’Indifférence.

Mais vous aurez un travail aussi très compliqué, long et douloureux à faire pour :

-     Mettre au point votre système de régulation, celui qui vous correspond ( vous ne trouverez aucun modèle existant qui ne demande pas des aménagements et c’est à vous de les faire !)

-     Accepter que vos combustibles préférés soient les seuls qui vont vous permettre de paramétrer votre système car les autres ne peuvent ni le mettre en danger, ni l’alimenter !

Il est donc vital de comprendre que l’autonomie affective comportera toujours de la dépendance, mais celle-ci est choisie, acceptée, régulée et permet de vivre des relations chaleureuses et nourrissantes ! On doit donc passer de la « mauvaise » à la « bonne » dépendance.
Bonne route à vous !

29 juillet 2012 1 Commentaire

Vers une relation amoureuse pacifiée et épanouie. Stop à la dépendance affective.

Nombreux sont les ouvrages consacrés à la construction d’une vie amoureuse épanouie. Cependant, ils présupposent souvent que les deux partenaires ont déjà acquis leur autonomie affective et identitaire…

Ici, nous réfléchissons aux conseils qui peuvent aider les personnes atteintes de dépendance affective, qui doivent apprendre à modifier leurs comportements dans le cadre d’une vie amoureuse pour pouvoir sortir de l’échec et de la souffrance.

1. Ne plus faire de l’autre celui ou celle qui donne du sens à notre vie. Ne plus être « un mendiant », un nécessiteux qui place sa survie dans le cadre de cette relation.

2. Par extension, je ne dois plus du tout vouloir changer mon partenaire, cela ne m’appartient pas..
3. Commencer un travail de construction de mon identité, d’autonomisation. Chercher de l’aide efficacement (livres, professionnels) et durablement : je travaille à mes changements et non à ceux des autres !
4. Je me donne la priorité tant que je ne suis pas capable de me valider moi-même pour apprendre à le faire ( je me protège et je me donne de la valeur).
5. Je lâche-prise et je sors des récriminations : je souhaite le meilleur à mon partenaire.
6. Je développe mon cercle de connaissances et d’amis. C’est vital.
7. Je respecte mon partenaire et j’exige le respect que ce soit physiquement ou verbalement.
8. J’apprends à passer du temps seul(e) et à y trouver du plaisir.
9. Je choisis de construire sur les bons côtés de mon partenaire, de les valoriser et de développer une dynamique positive et basée sur l’échange respectueux et la confiance dans notre relation.
10. J’accepte l’idée que la relation puisse prendre fin sans que cela me terrorise ou m’angoisse, je reconnais que l’autre est libre de ces choix et j’apprends de mon côté que je suis responsable de ma vie.

Pour chacun de ces points il existe des ouvrages qui peuvent servir d’entrée en matière dans le changement. Je vous en reparlerai en enrichissant cet article d’une bibliographie. Il me semblait important de citer ces dix points pour que vous puissiez apporter des témoignages positifs lors de votre cheminement personnel. Vivre une relation amoureuse enrichissante et apaisée est possible. Cela nécessite de mettre en place des comportements différents, cela demande de sortir des clichés et des visions idéalistes de l’amour. Construire une vie à deux est complexe et parfois éprouvant. C’est pour cela qu’il faut d’abord parvenir à être en paix avec soi et à s’aimer, à être suffisamment bien avec soi pour pouvoir entrer en relation avec l’autre de manière constructive.

Bon cheminement, dans l’attente de vos commentaires.
Ysyade

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